On connaît les mères et les enfants, les scènes domestiques, quelques portraits devenus familiers. On connaît beaucoup moins la femme qui les a peints : une Américaine qui choisit Paris, rejoint les impressionnistes et construit, dans un monde artistique largement masculin, une œuvre profondément indépendante.
Le musée d’Orsay accueille, cet autonme et jusqu’à fin Janvier 2027, une nouvelle exposition, hommage – 100 ans après la disparition de l’artiste – à sa liberté de créer et célèbre le parcours d’une femme avant-gardiste a bien des égards.
L’ENVIE DU JOUR
Voir une grande exposition sans en ressortir avec l’impression d’avoir simplement traversé une succession de tableaux. Aujourd’hui, plutôt que de vouloir tout regarder, nous vous proposons de partir avec cinq clés.
Car Mary Cassatt est victime d’un étrange paradoxe : certaines de ses images sont extrêmement connues, mais sa place dans l’histoire de l’impressionnisme l’est beaucoup moins. Née aux États-Unis en 1844, elle choisit l’Europe et passe près de soixante ans en France. Elle devient membre active du groupe impressionniste et construit une trajectoire singulière.
AUJOURD’HUI, ON CHOISIT…
Plutôt qu’une simple rétrospective, regardez l’exposition comme le récit d’une conquête.
Première clé : l’Américaine à Paris. Cassatt n’est pas une artiste française parmi les impressionnistes. Son regard se construit entre deux continents.
Deuxième clé : son indépendance. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, devenir artiste professionnelle lorsqu’on est une femme constitue déjà une prise de position.
Troisième clé : Degas. Regardez ce que le dialogue avec l’avant-garde parisienne produit dans son travail, sans réduire Cassatt à ses fréquentations.
Quatrième clé : les femmes. Ses personnages féminins ne sont pas seulement des sujets. Regardez ce qu’elles font, où elles regardent, comment elles occupent l’espace.
Cinquième clé : les enfants. Ne réduisez pas les maternités de Cassatt à leur douceur. Observez plutôt la construction, les gestes, les regards et la proximité physique.
LE DÉTAIL QUI CHANGE TOUT
N’essayez pas de tout voir avec la même attention.
Choisissez trois œuvres devant lesquelles rester véritablement. Reculez. Revenez. Regardez les mains, les regards et la construction de l’espace. Une exposition devient souvent plus intéressante lorsqu’on accepte d’en voir un peu moins.
FAITES DURER LA VISITE
Revoir les oeuvres impressionnistes à une autre echelle
Ne quittez pas immédiatement Orsay. Après Cassatt, retournez quelques minutes dans les collections impressionnistes et cherchez les œuvres de ses contemporains. Ce changement d’échelle permet de replacer ce que vous venez de voir dans le mouvement auquel elle a participé.
Prolonger le regard, promenez-vous dans le Paris des impressionnistes
Après l’exposition, traversez la Seine par la passerelle Léopold-Sédar-Senghor et rejoignez le jardin des Tuileries. Prenez le temps d’observer les promeneurs, les perspectives, les jeux de lumière. Autant de scènes ordinaires qui passionnaient les peintres de la vie moderne. Une promenade pour retrouver, hors du musée, ce plaisir de regarder qui traverse l’œuvre de Mary Cassatt.
30 à 45 minutes · Accès libre · À pied depuis Orsay

Passer du regard au geste, s’initier à la gravure
On connaît surtout les peintures de Mary Cassatt. On sait moins qu’elle fut également une remarquable graveuse, notamment inspirée par les estampes japonaises. Pour découvrir cette autre facette de son travail, le musée d’Orsay propose des ateliers de gravure autour de son œuvre, destinés aux enfants et aux familles. Une occasion de comprendre, en expérimentant, comment quelques lignes et couleurs peuvent transformer une scène du quotidien.
Musée d’Orsay · Atelier familial · Dates, âges et réservations à vérifier dans la programmation
Consulter les ateliers du musée d’Orsay
POURQUOI MAINTENANT ?
Parce que l’exposition ouvre le 6 octobre 2026, à l’occasion du centenaire de la disparition de Mary Cassatt, et reste visible jusqu’au 31 janvier 2027.
LE CARNET REWARDS
L’exposition : Mary Cassatt. L’indépendante, musée d’Orsay, Paris 7e.
On y va pour : Replacer une artiste familière au centre de l’histoire impressionniste.
Le bon moment : En semaine, si possible en début de journée.
À prévoir : Un billet horodaté et environ 1 h 30.
Faites durer : Collections impressionnistes du musée.